Alain Vidalies donne sa leçon de démocratie pour justifier les DUP des lignes LGV

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Alain Vidalies donne sa leçon de démocratie pour justifier les DUP des lignes LGV
Le Secrétaire d'Etat, Alain Vidalies vient de justifier le feu vert à la déclaration d’utilité publique pour les LGV du Sud-Ouest, malgré l’avis négatif de la commission d’enquête.

En affirmant, à Bordeaux que ce n'est pas par opportunisme politique que le Gouvernement a annoncé sa volonté de signer la DUP pour les lignes du GPSO et d'indiquer :

« La vraie échéance, c’est début juin 2016, date butoir pour prendre la DUP, a rappelé Alain Vidalies. Or celui-ci ne peut être pris qu’après avis du Conseil d’Etat. Et pour pouvoir le saisir, il faut avoir modifié les plans d’occupation des sols des communes concernées, des procédures qui demandent 5 ou 6 mois. Nous avions ainsi en réalité comme échéance interne le 1er octobre. »

Alain Vidalies en a ainsi profité pour faire, à sa manière, une leçon de démocratie en précisant que "si la décision du gouvernement est en effet contraire à l’avis négatif de la commission d’enquête publique, lui même rendu à l’issue d’une large consultation du public et des experts, il estime qu’il n’y a « qu’une seule expression démocratique, le vote ». Or 80% des élus sont selon lui favorables au GPSO.

Admettant ainsi que ces enquêtes publiques ne servent à rien, puisque ce sont à l’arrivée, et quoi qu’il en retourne, les élus qui décident, le ministre landais qualifie même de « dangereuse » l’opinion selon laquelle la démocratie pourrait passer ailleurs que par les urnes.

Sur le fond du dossier, Alain Vidalies s’est étonné qu’aucun média n’ait relayé les réponses de SNCF Réseau à la commission d’enquête, et sur lesquelles le gouvernement assure avoir fondé sa volonté de passer outre l’avis négatif. Ces derniers répondant point par point aux critiques de la Commission d'enquête, des analyses socio-économiques jugées biaisées aux impacts du projet sur l’environnement, en passant par l’indemnisation des viticulteurs touchés par la LGV.

Plus instructives sont les études complémentaires sur les sujets les plus controversés commandées par l’entreprise suite au rapport de la commission d’enquête. Ainsi, l’école polytechnique de Lausanne (EPFL), spécialiste des questions ferroviaires, a planché sur les propositions alternatives

Ses auteurs concluent notamment que le « prix de la minute gagnée » est plus élevé dans le scénario d’une requalification de la ligne actuelle (investir quelques 3,5 milliards d’euros pour des gains de temps de l’ordre de 20 minutes) que dans l’option LGV (investir 5,7 milliards pour des gains de temps de 49 à 56 minutes). Ils écartent aussi l’hypothèse de trains pendulaires, qui ne permettraient de gagner que 17 minutes sur la ligne actuelle.

Un point clé du débat portait sur le coût de la suppression des passages à niveau dans l’hypothèse d’une requalification de la ligne. Le projet alternatif, visant à faire passer la vitesse commerciale de la ligne actuelle à 220 km/h, supposerait la suppression d’une centaine de passage à niveaux. Les anti LGV estimaient que les coûts engendrés ne pouvaient être imputés à la requalification de la ligne, jugeant que la SNCF s’est engagé à supprimer ces passages à niveau sur l’ensemble du réseau. « Illusoire », tranche l’expertise de l’EPFL, selon laquelle il n’y a pas de « politique systématique » en ce sens.

Par ailleurs, le rapport de TerraClima montre « que la localisation de la LGV à environ une dizaine de kilomètres de ces appellations n’aura pas d’impact décelable sur les microclimats de ces terroirs. En effet, l’influence océanique caractérise les grandes lignes du climat du département de la Gironde et ne peut être en aucun cas modifiée par la construction d’une LGV au sol ».

Cependant, « la réalisation de la LGV représente une emprise d’une centaine de mètres de large en moyenne dans le massif forestier, avec disparition du couvert végétal. Cette nouvelle trouée pourrait modifier l’aérologie locale et engendrer la présence de vent ». Si ce « risque d’incidence sur les appellations parait très limité », TerraClima préconise « pour lever tout doute concernant ces circulations d’air » des études complémentaires. Les expertises sur le régime d’écoulement des eaux du Ciron préconisent également d’approfondir la question.

A ce stade, la plus grosse hypothèque à lever sur les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, reste le financement. Mercredi, le secrétaire d’Etat au transport a également indiqué que la France ne devrait pas recourir à nouveau à un partenariat public-privé, comme pour la ligne Tours-Bordeaux. Mais l’infrastructure pourrait bénéficier de l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs en Europe, prévue en 2020 pour le rail.

La convention de financement des projets du Corridor Atlantique, signée le 29 octobre dernier, à l’Hôtel de Région, accorde 52,45 millions d’euros pour la poursuite des études post-DUP.

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