POLT : La SNCF remet en cause les expertises

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POLT :  La SNCF remet en cause les expertises

Dans le courrier transmis à la justice, la SNCF met d'abord en cause "la qualité" du rapport des experts judiciaires, évoquant "des raisonnements incomplets", "des erreurs" ainsi qu'"un scénario" qui "ne repose que sur des hypothèses inexactes et des explications inabouties ou contestables".

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Elle réfute également point par point les conclusions de l'expertise, illustrant son propos avec des exemples concrets et très techniques.
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Aux experts, qui évoquent "une danse importante" des rails, c'est-à-dire l'affaissement des voies au passage d'un train, qui aurait contribué à abîmer l'assemblage incriminé, la SNCF répond, documents à l'appui, qu'il n'y en "avait pas".

A propos du désassemblage successif des boulons, que les ingénieurs mandatés par les juges tentent de dater avec précision, la SNCF affirme que leurs résultats sont "incohérents" et même contraires "aux lois physiques". Selon elle, ce "désassemblage ne s'explique pas".

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Enfin, vient la question de la fissure découverte en 2008. Selon les experts, elle se serait progressivement agrandie au fil des ans, à cause d'un défaut de maintenance, ce qui incriminerait la SNCF. L'entreprise ferroviaire avance pour sa part une autre hypothèse, celle d'une "fissuration rapide", "certes exceptionnelle".

Elle évoque à l'appui une visite de suivi du 30 août 2012 : la fissure en question avait alors été mesurée, mais n'avait que "légèrement évolué" en quatre ans. Cela laisse penser, selon la SNCF, qu'elle "a évolué ensuite très rapidement pour conduire à la rupture" quelques mois plus tard.

Pour étayer sa thèse, la compagnie réclame aux juges un nouveau complément d'expertise. Objectif : déterminer si "des anomalies métallurgiques" peuvent être détectées sur certaines pièces mises en cause, ce qui expliquerait leur détérioration rapide.

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Cependant, la réalité de la visite du 30 août 2012 est remise en cause puisque "la fiche technique" de cette visite pourrait être "un faux document", notamment parce que le technicien concerné ne travaillait pas ce jour-là. "
Un déraillement qui reste "inexpliqué"... et "imprévisible"

Au final, la SNCF affirme, dans cette lettre, que "le déraillement du 12 juillet 2013, qui reste inexpliqué, est un événement inédit, imprévisible et exceptionnel". Une défense inquiétante dans la mesure où elle induit qu'il faut s'attendre à d'autres Brétigny tout aussi "imprévisibles" et "inexpliqués" plus de deux ans et demi après l'accident.
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...A quand un autre Brétigny ?

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