Le transport ferroviaire n'est pas un rival sérieux pour la route

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Le transport ferroviaire n'est pas un rival sérieux pour la route

Nombreux sont ceux qui souhaitent, à plus d'un titre, le développement du fret ferroviaire. Ce serait bon pour le climat, pour les routes et pour l'entreprise SNCF.

Le revers de la médaille, les nouvelles nuisances qui en résulteraient pour les riverains des lignes comme le POLT. En effet, le transport de marchandises est souvent réalisé de nuit par des trains longs et encore bruyants malgré les efforts réalisés ces dernières années.

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Dans un rapport baptisé "le transport ferroviaire de marchandises dans l’UE : toujours pas sur la bonne voie", la Cour des comptes de la commission européenne a pointé plusieurs obstacles au développement du fret ferroviaire.

Pour cela, elle a passé au crible le secteur dans 5 pays : la République tchèque, l’Allemagne, l’Espagne, la France et la Pologne. Sa conclusion : "la performance du transport ferroviaire de marchandises dans l’Union n’est pas satisfaisante sur le plan du volume transporté et de la part modale".

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Parts modales en concurrence

L'objectif est de transférer 30 % du fret routier transporté sur des distances supérieures à 300 km vers d’autres modes de transport tels que le rail ou le fluvial d’ici à 2030, et 50 % d’ici à 2050. Pour ce faire, la Commission européenne a contribué au financement de projets ferroviaires à hauteur de 28 Md€ entre 2007 et 2013. Seul hic, la part modale du ferroviaire "au niveau de l’UE a légèrement baissé depuis 2011", souligne le rapport.

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Plusieurs obstacles

Pour expliquer cette situation, plusieurs obstacles ont été identifiés. D’abord, une vitesse commerciale moyenne des trains de marchandises d’environ 18 km/h, offrant peu de valeur ajoutée comparé à la route.

Puis des procédures de gestion du trafic inadaptées aux besoins du fret ferroviaire, alors que le transport routier "bénéficie d’infrastructures facilement accessibles dans tous les États membres".

Le recours au rail ne dispense pas d'avoir aussi recours à la route, allongeant ainsi les délais de traitement des marchandises.

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Peu de fonds pour le fret

Au chapitre financier, le compte n’y est pas non plus. Dans trois des cinq États membres étudiés, davantage de fonds ont été alloués par l’UE à la route qu’au rail. Des fonds affectés au rail qui "n’ont pas principalement servi à cibler les besoins du secteur du fret ferroviaire", souligne le rapport.

En cause : un segment jugé moins rémunérateur. Un exemple ? La France où le fret représente 15 % de l’ensemble du trafic ferroviaire, mais seulement 3 % des redevances perçues par le gestionnaire de l’infrastructure. "Cette situation peut expliquer pourquoi la France privilégie les investissements destinés à développer le transport ferroviaire de voyageurs plutôt que le fret ", analyse la Cour.

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