2017 : Pas de coup de pouce budgétaire pour le réseau ferroviaire français

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Il y a les paroles et les actes. Sans doute pas de coup de pouce pour SNCF Réseau et ses 30 000 km de lignes dont les deux tiers sont trop vétustes, sans cesse rafistolées et à remplacer.

 C’est ce que devrait annoncer aujourd'hui l’Etat à SNCF Réseau.

Malgré ses efforts,la dette est abyssale, près de 50 milliards d’euros, et l’empêche de faire les efforts nécessaires face à un cahier des charges très lourd avec de nouvelles voies à construire.

Et bien qu’elle investisse trois fois plus qu’il y a 15 ans, ça ne suffit pas. Surtout quand à la vétusté s’ajoute les vols de cuivre, les intempéries et des redevances perçues sur les trains de voyageurs qui ne sont plus ce qu’elles étaient. Et l’Etat ne mettra la main à la poche pour la dette et sans doute pas non plus pour le budget 2017. Le conseil d’administration  devrait confirmer les baisses de subvention de la part de l’Etat.

 

Le séquençage des trains, qui  garantissait un train toujours à la même heure, n’est plus respecté du fait de travaux de maintenance à répétition. Le voyageur qui se fiche comme de l’an quarante de savoir qui est responsable des rails et des wagons, voit qu’on a mis un temps fou à lui fournir des trains de banlieue à peine corrects, pas toujours chauffés et plus du tout à l’heure.

Et quand il a la chance d’avoir, en province, une magnifique locomotive d’une marque canadienne bien connue, il n’est pas rare que l’existence même de sa ligne soit menacée. Enfin quand il apprend que pour sauver Alstom à Belfort, l’Etat va acheter des TGV pour les faire rouler sur les lignes Intercités, qu’il refuse pourtant de contribuer à moderniser, et bien ce même voyageur, même s’il sait que tout cela est très compliqué, y perd son latin et trouve surtout qu’on use sa patience.

Et c'est bien  le cas de la ligne POLT, pour laquelle  "l'association"urgence POLT" s'escrime à demander au Président de la République de bénéficier des rames TGV commandées par l'Etat à Alstom, alors que l'urgence, ce sont les travaux à réaliser.

A quoi servent, en effet,  des rames ultra modernes pour les faire rouler à petite vitesse sur une infrastructure défaillante.

Car l’état du réseau est primordial pour la sécurité

La catastrophe de Brétigny sur Orge, en  est l'illustration, avec la défaillance d’une éclisse, des questions de maintenance et de vitesse sur ces portions de réseau très dense en région parisienne. Les ralentissements ont été multipliés par trois en cinq ans sur les 15 000 trains qui circulent chaque jour.

La SNCF a dormi pendant 30 ans, sans investir suffisamment, les voyageurs en paient le prix aujourd’hui.

Son réseau doit être non pas rafistolé mais modernisé, d’autant qu’elle va devoir accueillir les compagnies européennes et l’argent qui va avec, à compter de 2020.

Les responsables politiques français qui font la leçon à l’Allemagne en l’incitant à investir dans ses infrastructures vieillissantes, dont les légendaires retards de la Deutsche Bahn sont l’illustration,  devraient se souvenir qu’il fut un temps où la SNCF était d’abord une entreprise au service du public et ses clients des usagers.

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