LGV : les réponses de Rolland RIES conseiller transport de l'équipe de campagne de François Hollande

Roland Ries est le conseiller transport dans l'équipe de campagne de François Hollande,  maire de Strasbourg et président du Gart.

A l'issue des Assises Ferroviaires, il a répondu aux questions de Mobilicités, notamment sur la construction de lignes à grande vitesse :

  •  Quel est votre sentiment sur les premières décisions annoncées par le gouvernement à l'issue des Assises du ferroviaire ?

    Roland Ries : Je me suis beaucoup interrogé sur la raison profonde de cette initiative, sur son inscription dans le temps, à quelques mois d'une échéance électorale capitale pour le pays. Comme l'a dit en substance Dominique Bussereau (ancien ministre des Transports UMP, ndlr), ces Assises, c'est très bien, sauf qu'il y a les élections présidentielles derrière et c'est ça qui sera déterminant pour la suite.
    Pour le reste, Nathalie Kosciusko-Morizet a fait en quelque sorte un état des lieux. Elle a pointé du doigt les problèmes, clairement et courageusement, je le reconnais. Elle a donné quelques pistes, mais beaucoup de sujets restent encore à traiter
  • Dans ses recommandations à l'issue des Assises, la commission de Nicolas Baverez remet clairement en cause la création de nouvelles Lignes à grande vitesse, considérant qu'il faut en priorité se consacrer à la régénération du réseau existant, quel est votre sentiment sur ce sujet ?

    A la lecture des recommandations finales, j'ai compris deux choses : d'une part, la priorité sera donnée à la régénération du réseau ferré existant. Ça me parait raisonnable pour éviter qu'il ne se dégrade encore plus. On a réussi, provisoirement, à retrouver le niveau de 1 000 km de lignes remises à niveau par an. C'est un minimum.
    D'autre part, qu'il faut maintenant sortir des effets d'annonce pour la création de nouvelles LGV alors que l'on n'a aucune idée de la manière de les financer. La ministre a clairement indiqué que les projets de TGV inscrits au SNIT (Schéma national des infrastructures de transport ndlr) devront être hiérarchisés. Il ne faudra les lancer que si l'on a au moins une hypothèse de financement. Sinon, on aboutit à des projets en apesanteur financière, ce qui introduit beaucoup de confusions.
  • Si François Hollande est élu président de la République, quelles recommandations des Assises ferroviaires vous paraissent prioritaires ?

    Je pense qu'il y a un point sur lequel aujourd'hui les choses ne sont pas claires et nous y travaillons dans le groupe que j'ai constitué autour de François Hollande. Il s'agit des relations entre le gestionnaire des infrastructures et l'opérateur historique, la SNCF. Cette question a été renvoyée à plus tard par la ministre, ce que je peux comprendre tellement elle est complexe. Ceci dit, il va bien falloir en sortir. Le système français d'aujourd'hui ne fonctionne pas, ou fonctionne avec des dégats collatéraux considérables.
    Il faut effectivement regrouper sous une même autorité toute la gestion des infrastructures pour faire clairement la distinction entre l'opérateur gestionnaire de l'infrastructure et l'opérateur ferroviaire.
    Reste à savoir si c'est RFF ou la SNCF qui intégrera toutes ces fonctions. On connait les interrogations sur ce sujet, et les différences d'approche entre les présidents de RFF et de la SNCF.

Il y a donc fort à parier que si Monsieur Hollande était élu, les orientations prises durant les Assises ne seraient pas remises en cause et que les LGV seraient hiérarchisées en fonction de leur rentablité socio-économique, du consensus des acteurs pour leur financement  et de leur utilité au regard de la desserte optimale des territoires. 

Dans ce contexte, comment le Limousin accèdera-t'il à la grande vitesse ?

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