LGV Poitiers- Limoges et POLT : Vers une nouvelle approche de la desserte des territoires

Samedi 29 mars - 18H- L'association TDIE fait autorité en matière de transports. C'est une association pluraliste, réunissant l'ensemble des acteurs des différents modes de transports : professionnels, élus nationaux et territoriaux, experts et universitaires. Son objectif est la promotion auprès des pouvoirs publics et du Parlement, de réflexions et de propositions au service d'une politique multimodale des transports et déplacements.

Elle est présidée par Philippe Duron et Louis Négre  ( tous les deux membres  de la commission mobilité 21, chargée de hiérarchiser les projets du SNIT)

Ainsi TDIE, vient de publier un très intéressant article qui confirme les orientations qu'il faut attendre en matière de transports et notamment de la modernistion des lignes existantes au vu des modifications des comportements et  des contraintes budgétaires.

Il s'agit de l'évolution envisagée à partir de constatations évidentes et indépendantes des positions pro ou anti-LGV qui s'agitent dans les différents projets d'infrastructures.

Mars 2013: Desserte des territoires : vers une nouvelle approche ?

Michel-SAVYPar Michel Savy, Président du conseil scientifique de TDIE.

 

Desserte des territoires : vers une nouvelle approche ?

 

Un changement de contexte

Les pratiques de déplacement des personnes et des biens et leur satisfaction à l'avenir s'inscrivent dans un mouvement général.


Les comparaisons européennes montrent que, dans son ensemble, le territoire français est aujourd'hui plutôt mieux pourvu en infrastructures que la moyenne européenne. La bonne qualité des infrastructures est régulièrement évoquée comme un des facteurs d'implantation en France de capitaux internationaux. Pour autant, des besoins persistent pour mieux relier certaines zones périphériques ou enclavées ou pour alléger des congestions locales, ils appellent une amélioration d'un dispositif déjà solide.


Dès avant la crise économique actuelle, on a observé un ralentissement de la croissance des volumes de transport, voire leur stagnation. La crise amplifie pour le transport, comme on sait, les fluctuations macroéconomiques, et certains trafics ont absolument décru. Le besoin de faire face à une croissance de la demande est donc, au moins provisoirement, allégé. À une préoccupation de quantité se substitue partiellement une préoccupation de qualité, de coût, de durabilité.


Les contraintes budgétaires sont, en France comme dans tous les pays d'Europe, plus sévères depuis la hausse des dettes souveraines résultant du soutien à l'activité en période de crise bancaire et économique. Les marges de manœuvre pour des investissements publics nouveaux sont ainsi réduites, obligeant à des choix plus sélectifs de projets moins nombreux et eux-mêmes moins coûteux (en recherchant des solutions plus efficientes en termes de rapport coût-efficacité).


Le maintien en bon état de fonctionnement du stock d'infrastructures hérité des efforts d'investissement passés a été trop longtemps négligé. Ce diagnostic, établi pour le chemin de fer il y a quelques années, vaut aussi pour la route et d'autres équipements. Une part plus importante que naguère des moyens existants doit ainsi être réservée à l'entretien du réseau en place. Dans un souci d'efficacité, la modernisation du réseau (qui, au-delà de la maintenance, en améliore les caractéristiques) sera plus souvent comparée et préférée à la construction d'équipements nouveaux ex nihilo.


Enfin, le souci de développement durable traverse l'ensemble des questions de transport et a désormais force de loi.

 

Nouvelles logiques de planification

Dans ces circonstances, la démarche de planification connaît des inflexions notables. Celles-ci ne sont pas tout à fait inédites. Les schémas de services collectifs pour les transports élaborés il y a quelque quatorze ans insistaient déjà sur la mobilité plus que sur l'offre d'infrastructures, sur une vision intégrant l'ensemble des modes, etc. Le changement de point de vue se concrétise aujourd'hui dans les décisions.

 


Les infrastructures sont évidemment la base du système de transport. Elles restent pour l'essentiel de la compétence des pouvoirs publics et sont au cœur des politiques de transport. Pour autant, c'est la mobilité qui est recherchée à travers les équipements, et sa qualité passe aussi par l'organisation des circulations, la coordination des modes, l'information des usagers, la tarification, etc.

 

 

Si le système de transport reste fortement marqué par la différence technique, économique et professionnelle des modes de transport, c'est la recherche de leur complémentarité et leur intégration dans un fonctionnement multimodal voire intermodal qui offre aujourd'hui les meilleures perspectives de service. Les points de correspondance (pour le fret et pour les personnes) jouent en l'occurrence un rôle essentiel : gares et pôles d'échange, hubs portuaires et aéroportuaires, etc.


C'est ainsi la desserte des territoires, et son amélioration (en termes de temps, de coût, de fiabilité) par la modernisation et l'extension des réseaux d'infrastructures et des services qu'ils supportent, qui est recherchée. C'est à cette aune que les effets des politiques doivent être appréciés. Plus que les infrastructures statiques posés sur le terrain, c'est la possibilité des circulations et des flux ainsi ouverte qu'il convient d'apprécier.

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