LGV Poitiers-Limoges : la Cour de Comptes n'a rien inventé, elle s'appuie sur des documents publics

Vendredi 24 octobre- 14h- Le rapport publié hier, par la Cour des Comptes déchaîne les passions.


Il ravit les anti-LGV qui y trouvent une argumentation dont ils avancent certains points depuis qu'ils sont entrés en resistance. Dommage, cependant que quelque uns ne se soient réveillés que quand ils ont su que le tracé risquait de passer dans leur commune !


En effet, les conclusions du débat public rappelé par la Cour des Comptes sont bien connues de ceux qui s'y étaient intéressés et notamment les nuances qui auraient pu faire basculer la décision finale. Mais, on sait aussi depuis longtemps que le Conseil d'Administration de RFF a pris une décision  politique pour satisfaire la femme du chef de l'ETAT, alors en fonction.

Il fallait donc bien trouver des chiffres, fussent-ils faux, pour continuer l'étude du projet. Projet, qui après avoir été largement décrié par les élus régionaux, trouva grâce aux yeux de certains "faute de Grives il vallait mieux manger des merles" 


Cependant, en ce qui concerne la LGV Poitiers-Limoges le rapport en question, ne nous apprend rien de plus que ce que l'on sait depuis plusieurs années puisque la Cour appuie sa démonstration sur des documents tout à fait officiels, mis sur la place publique et mis à disposition de tous.


Il ne fait en fait, que rafraîchir la mémoire  et rappeler aux porteurs et défenseurs du projet que certains de leurs arguties manquent parfois de pertinence.


Le rappel historique vient donc à point pour remettre les événements en ordre.

Il est, en effet,  inutile d'ajouter des banalités non vérifiées qui alimentent la contreverse quand le désir d'une LGV peut légitimement se défendre par une vision améliorée d'un  transport plus rapide, en connexion avec le réseau à grande vitesse.


C'est notamment le cas de l'idée, toujours avancée, selon laquelle la grande vitesse est facteur de développement et que la Région ne peut s'en sortir sans une LGV .  

Pourtant à maintes reprises la DATAR, service du premier Ministre chargée de l'aménagement du territoire et de l'attractivité régionale  a précisé :

  "Cependant la grande vitesse ferroviaire reste, au demeurant, un facteur secondaire: avant tout, ce sont les atouts intrinsèques des territoires qui entrent en jeu. Le Mans était le siège historique des mutuelles avant l’arrivée de la LGV, d’autres sites disposaient d’excellences préexistantes (excellence industrielle du Creusot avec maintien des infrastructures) ou d’une offre immobilière (Reims). La proactivité des acteurs territoriaux est également essentielle pour qu’un territoire tire  bénéfice d’une LGV."  La dernière fois, lors du débat sur la LGV POCL http://www.rff-pocl.fr/download/file/fid/300.


Par contre, il est vrai que la Cour des Comptes défend une vision comptable du dossier particulièrement quand elle préconise de concentrer  la circulation des TGV sur les LGV.

Il s'agirait  d'une double erreur :

  • en réduisant  le nombre des gares desservies pénaliserait les villes moyennes, déjà défavorisées par la dégradation des dessertes Intercités, et irait à l'encontre d'une « égalité des territoires » ;
  • une correspondance décourageant  les voyageurs autant qu’une heure supplémentaire de trajet.

En cela, la position du nouveau Président de la Région Limousin est défendable car une LGV  participe aussi à l'aménagement du territoire. Tout comme il a raison d'affirmer que, de ne s'inscrire dans la rentabilité est une erreur, surtout quand on regarde le coût des TER pour la collectivité. Service public veut aussi dire dépenses sans contre partie de rentabilité.

Néanmoins, le parcours de la LGV Poitiers-Limoges démontre s'il en était encore besoin que  le soutien politique  va bien au delà du bon sens. Le fait du Prince existe et perdurera au mépris des réalités économiques et de la raison. On peut s'en réjouir ou le déplorer....

Quant au rapport de la Cour des Comptes, il va sans doute permettre à la SNCF de chercher des solutions qui allègeront ses comptes. Il restera lettre morte pour l'Etat, tout comme celui publié en août 2012 sur la LGV  Lyon-Turin qui poursuit sa route et pour laquelle  un dossier solide de financement sera adressé à l'Europe.
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