LGV Poitiers-Limoges : la DUP et après ? le point de la Nouvelle république

Un article de la Nouvelle République refait un point sur la DUP de la LGV Poitiers-Limoges, ses oppositions, son financement, les projets de recours....
Il convient d'ajouter aux propos rapportés de Monsieur Sivardière, président de la FNAUT qu'une autre DUP a été annulée par le Conseil d'Etat en 2006, il s'agissait d'une ligne à haute tension dans les gorges du Verdon.

L'ouvrage, faisait l'objet depuis vingt ans d'une lutte acharnée entre EDF et défenseurs de l'environnement. Il avait pourtant reçu en 2003 le feu vert de la Commission nationale supérieure des sites et avait été  déclaré d'utilité publique en décembre 2005. Le projet  prévoyait une ligne de 400 000 volts, entre Boutre (Var) et Broc-Carros (Alpes-Maritimes), traversant le site du Verdon en deux endroits. Il devait se substituer à deux lignes aériennes parallèles, l'une de 225 000 volts, l'autre de 150 000 volts. 

 


Indre - Poitiers - Transport
LGV Poitiers-Limoges : un décret d'utilité publique, et après ?
18/01/2015 
La LGV de 112 km doit mettre Limoges à 35 minutes de Poitiers et 2 heures de Paris. - La LGV de 112 km doit mettre Limoges à 35 minutes de Poitiers et 2 heures de Paris. - (Photo Patrick Lavaud)La LGV de 112 km doit mettre Limoges à 35 minutes de Poitiers et 2 heures de Paris. - (Photo Patrick Lavaud)

La LGV de 112 km doit mettre Limoges à 35 minutes de Poitiers et 2 heures de Paris. - (Photo Patrick Lavaud)

Le feu vert du gouvernement ouvre la voie aux expropriations, le long du tracé de la future ligne ferroviaire à grande vitesse, malgré les recours annoncés.

Le gouvernement ne s'en est donc pas tenu aux recommandations de la commission Mobilité 21, il a ignoré le rapport de la Cour des comptes et il est passé outre le rejet du projet par le Conseil d'État en déclarant la LGV Poitiers-Limoges d'utilité publique, dimanche dernier.

 

Pas question pour autant de justifier cette décision, ni même de faire connaître ses intentions pour la suite. Chargée de la maîtrise d'ouvrage du chantier, SNCF Réseau (ex-RFF) indique simplement que « la phase d'expropriation va débuter », mais invite à se rapprocher de l'État pour en savoir davantage. Quant au ministère des Transports, il « regrette de ne pouvoir donner une suite favorable à (notre) demande ». Autrement dit : circulez, il n'y a rien à voir.

Mise en service en 2022

En Limousin, les élus locaux se retrouvent donc seuls pour assurer le service après-vente. Ils l'ont fait dès lundi, au cours d'une conférence de presse organisée à Limoges. D'abord pour saluer unanimement le « courage des plus hautes autorités de l'État ». Ensuite, pour se féliciter des 5.000 emplois que le chantier devrait générer durant trois ans.
Reste à boucler le budget, estimé entre 1,7 et 2,5 milliards d'euros. En octobre dernier, Jean-Paul Denanot, alors président de la région Limousin, assurait que le tour de table des collectivités locales avait déjà permis de rassembler 700 millions ; il estimait aussi pouvoir compter sur 200 millions de l'Union européenne, entre 300 et 400 millions de RFF et entre 400 et 500 millions de l'État.
 Cette semaine, son successeur n'a toutefois pas souhaité s'exprimer sur le sujet. Son service de presse se contente d'indiquer que l'objectif reste de mettre la ligne nouvelle en service dès 2022.
Principal partisan du projet en Poitou-Charentes, le député-maire de Poitiers affiche la même confiance : « Nous avons voté la réalisation de la ligne Sud Europe atlantique, qui comprend trois branches vers Toulouse, vers l'Espagne et vers Limoges ; et depuis le début, je vous dis qu'elle se fera. Ce sera même un élément structurant de la nouvelle Région. » Alain Claeys ne veut toutefois pas encore évoquer la participation financière de l'agglomération de Poitiers ni s'engager sur un calendrier : « Comme disait François Mitterrand, il faut laisser du temps au temps. »
Si cette déclaration d'utilité publique remet incontestablement le projet sur les rails, d'autres épreuves l'attendent. A commencer par les recours que les collectifs d'opposants et la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) s'apprêtent à déposer dès la semaine prochaine (*). « Les membres de la section du contentieux du Conseil d'État qui seront appelés à se prononcer ne sont pas les mêmes que les membres de la section des travaux publics qui ont rejeté le projet », explique Jean Sivardière, le président de la Fnaut. « Il est donc difficile de préjuger de leur décision. »
Ce qui est certain, et cela ne devrait pas rassurer les opposants de cette LGV, c'est que les déclarations d'utilité publique prises par le gouvernement sont rarement « cassées » par le Conseil d'État : « Le seul précédent dont j'ai connaissance concerne le projet d'autoroute A400, dans les Alpes du Nord », précise Jean Sivardière. C'était en 1997.

 

 

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