LGV Poitiers-Limoges-POLT : le Président de l'association "Urgence POLT" fait 2 propositions pour avancer.

8 mars- 10h-  Alors que pro-LGV et anti-LGV se déchirent à coup de lettres ouvertes, motions, manifestations, le Président de l'Association "Urgence POLT" fait valoir une position lucide pour la prise en compte de la ligne historique et faire avancer le débat actuel.

 A la fois consensuelle, réaliste et fondée sur des   éléments législatifs aussi incontestables que l'inscription de la LGV Poitiers-Limoges (article 12 de la loi du 3 août 2009), puisqu'il s'agit de l'article 11 de la dite  loi.

Elle est en outre en parfaite concordance avec les objectifs gouvernementaux affichés et ceux de la commission 21 pour qui, la rénovation du réseau existant, son optimisation, la question des services apportés aux territoires seront centrales lors des débat de celle-ci.

On sait que l'actuelle législature  ne s'engagera pas dans la construction de nouvelles lignes LGV, la loi de programmation est claire sur ce sujet et repousse donc, de fait, la construction du barreau à des jours meilleurs. Il semble alors,  que les choix puissent s'orienter plus rapidement vers des efforts nécessaires et performants sur le  réseau actuel.

Il ne s'agit pas d'ailleurs de refuser la LGV de façon systématique mais de parer au plus urgent et d'analyser, ensuite, au vu des évolutions possibles le raccordement du  Limousin à un  réseau à grande vitesse, maillé de façon intelligente pour desservir le plus grand nombre possible de territoires.

 

JEAN-CLAUDE SANDRIER, PRÉSIDENT DE L’ASSOCIATION «URGENCE LIGNE POLT», MEMBRE HONORAIRE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Pour maladroite voire inacceptable qu'elle fût, la lettre du directeur du ministère des Transports a eu l'immense mérite de lancer un débat qui aurait dû avoir lieu bien plus tôt et qu’il serait dommage pour tous nos territoires de refuser. Il ne fera perdre aucun temps, peut être même faire gagner de l'argent ou pour le moins éviter d'en perdre.  

Le point de départ nous est donné par la position sans ambiguïté du gouvernement d'accorder la priorité aux lignes classiques existantes. Position juste aux plans écologique, économique et social, partagée, semble-il, par tout le monde. C'est donc à partir de ce principe de base, acté dans la loi sur le Grenelle de l'environnement, que peut-être assurée une desserte fine, de proximité de tous nos territoires.

 
L'amélioration des infrastructures de ces lignes, des trains qui y circulent, est en effet l'urgence absolue et demande d'y mettre les moyens nécessaires. S'agissant de la ligne POLT, cette position est d'autant plus pertinente qu'elle est la plus grande des lignes classiques en France avec 720 km de Paris à Toulouse.

 
Cet effort est d'autant plus urgent que cette ligne a connu des retards importants de maintenance. Nous nous félicitons des 73 millions d’euros d’investissement pour 2013 même si cela reste insuffisant pour porter cette ligne au niveau qui doit être le sien dans ce premier quart de XXIème siècle. Entre autre, nous réclamons la mise en place rapidement d’un matériel TGV.  

 
Miser, ou pire, provoquer la mort de cette ligne pour tenter de favoriser une LGV serait une hérésie totale et sans garantie pour cette LGV elle-même. Il semblerait que tout le monde en convienne. Ajoutons que, quels que soient les cas de figures retenus, les deux autres axes -Paris-Tours-Bordeaux et Paris-Lyon- vont être rapidement saturés.


Nous avons donc besoin de cette ligne POLT sur toute sa longueur, seule ligne d’avenir actuellement pour nos territoires car au moins elle existe. Cela dit, ne jouons ni les autruches ni la guerre des territoires. Défendre son territoire est légitime. Vouloir trouver une solution lorsque par deux fois on vous a privé de projets tout à fait fiables est compréhensible.


Mais aujourd'hui, existe une hypothèse nouvelle pour laquelle le gouvernement précédent a bloqué toute possibilité d'extension du débat. Cette hypothèse émane de la SNCF qui propose la réalisation d'une LGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) pour pallier la saturation de la ligne actuelle, ce qui lui donne toute sa crédibilité.  Jusqu'à ce jour, il n'a pas été possible d'étudier un trajet Limoges-Paris en 2 heures par le maillage pertinent de la LGV POCL à POLT. Précisons que dans ce cas, il ne s'agit pas d'amener du potentiel de POLT vers POCL mais bien d'utiliser les capacités de la future LGV POCL au bénéfice de l'axe jusqu'à Toulouse, sans oublier un seul territoire et dans des conditions de confort, de rapidité tout à fait performantes.


Personne ne peut avoir peur d'un tel débat car son but est uniquement de répondre à cette question : quelle est la meilleure solution pour permettre l’irrigation de tous les territoires, tout en assurant à la SNCF (et au contribuable) la rentabilité la meilleure pour l'exploitation.
Je fais donc deux propositions :
- 1 Que le gouvernement mette en place un comité de pilotage pour définir un schéma directeur de modernisation totale et conséquente de la ligne POLT. La SNCF et RFF en sont d’accord. Ce sera la meilleure façon de montrer à nos concitoyens que le POLT est une ligne à part entière.
- 2 Que le ministre des transports constitue un groupe de travail spécifique comprenant TOUS les parlementaires de la ligne POLT, les présidents des conseils régionaux et généraux concernés, les maires, les forces économiques, les syndicats, les associations qui le souhaitent et naturellement les représentants de la SNCF et de RFF, de façon a réfléchir sur la solution la plus efficace pour une bonne desserte de nos territoires.

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