Limoges : propositions des transports gratuits

Elections municipales obligent, à Limoges comme ailleurs,  "Demain, on roule gratis ! " C’est en tout cas ce que proposent certains  candidats, qui ont fait de la gratuité totale ou partielle des transports en commun l’un des axes de leur campagne pour séduire les électeurs. 

Ces propositions de campagne font  grimacer  les professionnels et les autorités organisatrices du secteur.

 L’Union des transports publics (UTP),  martèlent depuis plusieurs années le message inverse. Le Groupement des autorités responsables de transport (GART), qui fédère les élus en charge de ces dossiers, est sur la même ligne. « Même gratuit pour l’usager, le transport public ne l’est pas pour la collectivité ».  

 

La gratuité n’existe pas

 Ce qui peut sembler gratuit ne l’est pas dans les faits ou pour tout le monde ; les transports publics ne font pas exception.

Un agent économique assumera quoi qu’il arrive le coût de ces services indispensables à la vie de la cité. Dans la mesure où la contribution des employeurs (versement transport) est plafonnée, c’est celle des contribuables (impôts locaux) qui augmentera substantiellement avec la décision de mettre en place la gratuité d’un réseau de transport public. 

Pourquoi ces instances à laquelle se joint la FNAUT sont-elles  contre cette mesure de gratuité qui est appliquée à l'heure actuelle dans seulement 22 localités françaises. Elles expliquent :


  • La gratuité totale singularise les transports par rapport aux autres services publics

    La question de la gratuité de l’eau, de l’électricité, du gaz, des services postaux, des cantines scolaires... ne fait jamais débat. Pour ces services, des dispositifs d’aide aux personnes en difficulté sont prévus.

Or les transports publics sont tout aussi essentiels que ces services. Il n’existe donc aucune raison objective de les singulariser


  • La gratuité totale n’est pas favorable au développement de l’offre de transport public 

    L’évolution des modes de vie tend naturellement à faire progresser la demande de transport public. Celle-ci se traduit par des besoins en termes de confort, de sécurité, de fréquences, d’amplitudes horaires, d’informations voyageurs et d’accessibilité croissants. Il faut mobiliser chaque année de plus en plus de moyens pour financer le service et investir dans son développement. Or la gratuité réduit les marges de manœuvre pour le faire évoluer durablement


  • La gratuité totale n’est pas favorable au développement durable, ni à la santé publique 

Aucune étude n’a, à ce jour, démontré que la gratuité totale du transport urbain encoura- geait un report modal massif et durable de la voiture particulière vers les transports publics, contrairement à l’investissement dans l’amélioration de la performance du réseau. En revanche, elle peut favoriser le report modal de la marche vers les transports urbains.

Par ailleurs, la gratuité totale instille l’idée que la mobilité n’a pas de coût. Elle peut favoriser l’étalement urbain et encourager les localisations résidentielles ou d’activités de plus en plus éloignées des villes-centres. 

 

  • La gratuité totale n’est pas la meilleure forme d’équité sociale

L’ensemble des réseaux de transport public, à l’instar des autres services publics, proposent des tarifications spécifiques pour les populations fragiles et les font évoluer pour mieux correspondre aux nouvelles précarités sociales. Ainsi, la mise en œuvre de la tarification solidaire, basée sur les ressources du foyer et non plus sur le seul statut ou âge de la personne, garantit des tarifs adaptés à la capacité contributive des voyageurs.

De ce fait, les transports publics répondent au droit au transport pour tous et garantissent à tous l’accès durable à la mobilité.

 

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