LVG Poitiers-Limoges : la guerre des mots et la guerre des nerfs

L'annonce d'une note négative du Conseil d'Etat sur la LGV Poitiers-Limoges n'en finit pas de générer des réactions.

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Comme on pouvait s'y attendre, elles reflétent les convictions des uns et des autres sur le sujet. Les soutiens s'offusquent que soit mise en avant la rentabilité du projet. Les opposants marquent leur satisfaction,  prudente, cependant, pour certains.

Gérard Vandenbroucke - Président du Conseil Régional
« On raisonne une nouvelle fois en terme de rentabilité boutiquière. Dans ce cas, arrêtons de construire des routes, de rénover des lycées, de financer des TER qui nous coûtent 70 millions d’euros par an. Cessons tout simplement d’aménager le territoire, puisque ce n’est pas rentable.  Il y a une notion de service aux habitants, de développement économique. Si la LGV ne se fait pas  ce sera un handicap pour le Limousin. Le POLT est hyper important pour le Limousin mais quelque soit l'ampleur des travaux, il n'aura jamais la vitesse d'une LGV»

Emile Roger Lombertie - Maire de Limoges

La décision du Conseil d'État ne fait  pas plaisir au Maire de Limoges. Mais pourlui l'essentiel est de rapprocher sa ville de Paris, en 2H- 2H30 quelque soit l'endroit par où l'on passe. C'est une décision discréminante et  cette nouvelle polémique risque d'après lui, de retarder encore les prises de décisions. II dit " ne pas avoir d'état d'âme ". Il dénonce un discours de menteurs

Michel Vergnier - député-maire de Guéret
« Cette décision, qui vient confirmer le rapport Duron, ne me surprend pas. Je n’avais pas d’opposition de principe sur ce projet mais il n’était pas utile pour les Creusois. Et puis tout cet argent pour seulement 20 minutes gagnées, cela ne valait pas le coup. Je ne crois pas que ce projet aboutira. En revanche, nous avons raté l’occasion de la grande vitesse sur l’axe historique. Car si nous avions mis l’argent il y a dix ans, nous serions prêts. Mais nous allons désormais continuer notre combat pour le POLT ».

Jean-Bernard Damiens - conseiller régional EELV
« Il faut arrêter les frais. Il ne faut pas que l’on se retrouve dans la situation du barrage de Sievens où l’on s’est rendu compte que les études de la DUP avaient été bâclées. On va voter le budget de la Région dans quinze jours, dont la contribution de 7 millions d’euros à une nouvelle étude LGV de 42 millions d’euros. Évitons de gaspiller cet argent. Surtout que L’État va allouer 6 millions de moins à la région Limousin. »

Laurence Pache - conseillère régionale, Limousin terre de Gauche
« Il est temps pour les élus haut-viennois d’avoir une réaction salutaire. Je ne sais pas comment ils vont sortir de leur piège. Il faut arrêter de voter des crédits inutiles. Limoges doit arrêter de courir après la métropolisation. Comme si chaque élu devait avoir son TGV pour briller. »

 

Frédéric Soulier - maire UMP de Brive
« Le Conseil d’Etat est dans son rôle de censeur, l’Etat doit agir en tant qu’aménageur. La LGV Limoges-Poitiers ne sera pas rentable ? Quel scoop ! J’en ai marre qu’on mette cette notion de rentabilité en avant. Avec des discours pareils, l’A89 n’aurait jamais été réalisée. » 

 

 

 Philippe Nauche - Député PS de Brive
« Si cela se confirmait, ce ne serait pas une bonne nouvelle. Cela mettrait encore plus l’urgence sur l’amélioration de la ligne POLT. La rentabilité socio-économique du projet est avancée mais ne peut être le seul critère sans quoi les territoires ruraux n’auront jamais rien. C’est d’abord une question politique d’aménagement du territoire. »

 

André THEPIN - Collectif "NON LGV OUI au POLLT"

 "se dit satisfait mais prudent. On a pas encore de confirmation. Le politique a toujours la main. Nous allons attendre le 1é janvier pour voir si le décret est publié, il peut encore y avoir des pressions politiques , mais la LGV bat de plus en plus de l'aile." Pour le clin d'oeil le collectif remarque que la publication de Mobilettre  le 2 décembre 2014 est une façon de rappeler un autre 2 décembre en 1805 celui de la victoire d'Austerliitz, gare d'arrivée du POLT à Paris.

Stéphane Lafaye - Coordination- Riverains et Impactés-

Il considère qu'un passage en force est toujours possible, comme pour l'enquête publique à laquelle les riverains s'étaient opposés. Tous les recours sont également possibles et la CRI entend poursuivre son travail dans la mesure où  les soutiens restent eux aussi, très actifs.

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