POLT : incidents et froid retardent le Paris -Toulouse par la ligne historique

La Dépêche du Midi  fait le récit des péripéties du train reliant Paris à Toulouse par la ligne historique POLT, qui est arrivé à Toulouse avec 7 heures de retard.

C'est la seconde fois en quelques jours que la ligne fait parler d'elle pour des incidents techniques  !

Paris-Toulouse. Les naufragés du train 3643
Paris-Toulouse. Les naufragés du train 3643

Les 120 passagers du train  qui devaient arriver à 19 h 11 à Cahors et 21 heures à Toulouse, ont connu une multitude d'événements. Résultats : 7 heures de retard !

Ils se souviendront sans doute longtemps de ce trajet ferroviaire Paris-Toulouse.

 Avec un premier drame entre Issoudun et Vierzon, avec le suicide d'une personne qui s'est jetée sous le train.

Puis les arrêts se sont succédés : Vierzon pour une pause w-c plus longue en raison de toilettes indisponibles dans le train car l'eau avait gelé ; Brive pour inspecter la locomotive. Puis, près de quatre heures d'arrêt nocturne en pleine campagne lotoise, entre Saint-Denis-Catus et Nuzéjouls après la rupture d'un pantographe (dispositif articulé reliant le train à la caténaire) et la caténaire endommagée. Après inspection des dégâts, un pantographe de secours a permis au train 36 43 de 19 h 11 d'arriver finalement près de 7 heures plus tard à Cahors, à 1 h 50…

1. Circulation perturbée

Cet incident a perturbé la circulation de plusieurs trains, dont le 3661, bloqué de longues heures en gare de Brive avant de pouvoir arriver à son terminus cadurcien. Une circulation alternée a été mise en place jusqu'à la réparation de la caténaire. Selon la SNCF, tout est rentré dans l'ordre au petit matin mais, hier encore en milieu de matinée, des passagers ont dû prendre le bus entre Montauban et Cahors.

2. L'attente aussi à la gare

L'attente fut longue, très longue. Tant dans le train immobilisé en rase campagne qu'à la gare de Cahors dépourvue de système de chauffage et où les passagers attendant le train pour Toulouse restaient emmitouflés et tentaient de se réchauffer.

Dehors, les personnes venues attendre les arrivants s'endormaient parfois dans leur véhicule, moteur tournant pour activer le chauffage  ou restaient en contact avec leur proche via le téléphone mobile.

« Je suis arrivé à 18 h 40 pour prendre le train à 19 h 11 vers Toulouse. C'est vraiment galère. Le hall de la gare n'est pas chauffé, juste les bureaux.

 

3. Les pompiers mobilisés

Une vingtaine de sapeurs-pompiers des centres de secours de Catus, Cahors, Luzech, Castelfranc, Puy-l'évêque et Montcuq, coordonnés par le capitaine Eric Delmas, ont immédiatement convergé vers Nuzéjouls afin, le cas échéant, d'évacuer les passagers vers la salle des fêtes du village, chauffée. Cela n'a pas été nécessaire. Mais le dispositif était prêt…

4. Les solutions envisagées

Cellule de crise à Toulouse, équipe de maintenance sur le terrain, en lien avec les sapeurs-pompiers. Plusieurs solutions ont été envisagées : évacuation des passagers à Nuzéjouls avec transfert par bus (trois avaient été affrétés), locomotive partie  de Brive pour pousser le train jusqu'à Cahors… Le train a pu repartir après réparation sommaire. Ouf !

5. "Une situation complexe"

La direction régionale de la SNCF avait mis en place une cellule de crise. « Une situation complexe à traiter pour trouver la meilleure solution après ce problème d'alimentation électrique du train », indique Dominique Damide, qui pointe le froid. « L'alerte a été donnée à 22 h 15. Des moyens humains et en matériel ont été mobilisés : les équipes de maintenance ont reconnu la voie sur 2 km dans la nuit et la neige ; des agents d'accueil supplémentaires en gare de Cahors. Nous avons prévu une locomotive pour éventuellement pousser le train jusqu'à Cahors et avons envoyé un TER de Toulouse pour le trajet Cahors Toulouse. Des solutions alternatives (bus, locomotive de secours, évacuation) ont été envisagées. Nous avons distribué aux voyageurs des coffrets-collation, réservé des chambres d'hôtel et des taxis et distribué aux voyageurs une enveloppe de régularisation pour leur demande de remboursement. Et organiser une circulation alternée des autres trains jusqu'à ce que la ligne ait été rendue à la circulation ».

6. Enfin l'arrivée

Au terme de près de 7 heures de retard et les 15 derniers kilomètres franchis à vitesse réduite, le train 3643 est enfin arrivé en gare de Cahors à 1 h 50. Des collations ont été distribuées. Aucun incident de santé ni de mouvement d'humeur ne s'est produit mais chacun était réellement soulagé d'arriver enfin à Cahors. Un train venu de Toulouse a pris en charge les passagers se rendant dans la ville rose. Seule une passagère, épuisée a préféré rester à Cahors où la SNCF a pris en charge sa chambre d'hôtel. Neuf autres chambres ont été réservées à Toulouse et près de vingt taxis ont été commandés par la SNCF. Les voyageurs qui en feront la demande seront remboursés.

Repères

Le train 36 43 Paris-Toulouse comptait 120 passagers. Une partie s'est arrêtée à Cahors. Une seule personne se rendant à Toulouse a souhaité faire étape à Cahors. Aucun des passagers n'a été victime d'un problème de santé durant les heures d'attente.

« Tous les passagers ont reçu une enveloppe de régularisation afin d'envoyer leur demande de remboursement».

 

Dominique Damide, direction régionale de la SNCF Midi-Pyrénées

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