Transports : programme de la candidate FN, Marine Le Pen


Marine Le Pen a  présenté à Mobilicités son programme transport. Pour la patronne du Front National, il s'agit "d'une mission régalienne de l'Etat", et les politiques des collectivités locales doivent être harmonisées avec la création d'une "structure commune". La candidate frontiste veut aussi rétablir un "système ferroviaire intégré autour de l'opérateur historique"

Franck Briffaut, élu picard, employé civil de la défense et conseiller transport de Marine le Pen, expose le programme de la candidate du FN sur ce sujet. Sujet dont aucun candidat à la présidentielle ne fait un thème électoral.

En voici les principales lignes :

"Les transports au service de l'intérêt national"

"La réflexion sur les transports doit être continue et ne doit en aucun cas être conduite sous la pression de nombreux lobbies antagonistes (lobbys routiers, ferroviaires, écologistes) qui sclérosent depuis longtemps tous les débats de fond sur le sujet (...).Il faut définir clairement le rôle de la puissance publique dans le domaine des transports et justifier le principe même de l'intervention de l'Etat.
Les infrastructures de transport modèlent la vie sociale, conditionnent la répartition spatiale et l'intensité des activités économiques et agissent sur la répartition démographique. Il est de l'intérêt national de construire, d'entretenir et d'exploiter un système de transport cohérent au service de l'ensemble de nos compatriotes, et le bon fonctionnement de ce système doit être considéré comme l'une des missions régalienne de l'Etat. La première mission d'un gouvernement est donc de préciser sa stratégie globale, comme ce qui a été fait en Suisse et aux Pays-Bas et d'élaborer un schéma de transport d'intérêt national que les Régions seraient appelées à compléter par leurs propres schémas d'aménagement régional". 
 

Intermodalité

"Outre la continuité physique de la chaîne de transport et de l'information, il faut promouvoir la continuité tarifaire et billettique. En France, les autorités organisatrices sont bien trop nombreuses et sont donc affaiblies face à des opérateurs de transport qui comprennent mal les difficultés des voyageurs et se réfugient derrière des problèmes techniques, résolus depuis longtemps en Allemagne ou en Suisse.

La loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU votée en 2000, ndlr) a bien introduit la possibilité de créer des syndicats mixtes regroupant plusieurs autorités, mais la procédure est si complexe qu'elle n'a été exploitée que dans de rares cas. En pratique, il faudrait limiter la compétence du département aux transports scolaires et de proximité dans les zones rurales. Aux agglomérations, élargies aux bassins de vie quotidienne, la responsabilité des transports urbains et périurbains. A la région celle des transports ferroviaires et routiers à plus longue distance. Il faut créer une structure commune chargée de coordonner et d'harmoniser ces différentes politiques.


Organisation du système ferroviaire et ouverture à la concurrence des trains de voyageurs

L'ouverture à la concurrence n'est pas forcément une mauvaise chose à partir du moment ou elle est perçue comme un moyen et non pas comme une fin en soit. La mise en concurrence doit s'effectuer sur la base de textes réglementaires et de cahiers des charges fiables incluant notamment un certain nombre de prescriptions sociales et fixant les missions de service public. Elle doit se faire en délimitant des périmètres pertinents et homogènes de manière à ne pas laisser les activités les moins rentables aux seuls opérateurs historiques.

Concernant l'organisation du système ferroviaire, nous sommes partisans de rétablir le caractère intégré du système ferroviaire autour de l'opérateur historique, qui pourra néanmoins être mis en concurrence dans un certain nombre de domaines et sur des périmètres clairement définis.


Cadencement ferroviaire

Contrairement à la Suisse qui a procédé par étapes, en France, la mise en œuvre du cadencement a été réalisée d'un seul coup, fin 2011, sur un réseau insuffisamment homogène. Ce qui explique les difficultés rencontrées et qui ont été minimisées par RFF, la SNCF et l'Etat.

La mise en place d'un cadencement généralisé et réussi doit se faire avec une remise à niveau préalable des infrastructures, la modernisation des matériels existants et l'achat de rames supplémentaires. Et dans une  permière étape, en cadençant les principaux axes, puis en cadençant des lignes de maillage.

"Nous soutiendrons" :
  • toute mesure visant à l'équilibre et à la complémentarité entre les moyens de transport
  • toute mesure visant à désengorger le réseau routier et un certain nombre de nœuds ferroviaires, notamment dans le domaine du fret
  • toute mesure visant à assurer la sécurité des passagers dans les transports collectifs
  • toute mesure visant à défendre le principe de la continuité de service dans les transports publics (ce principe s'inscrivant dans la définition même du service public).

Propositions :
  • la mise en œuvre d'un cadre réglementaire fixant les structures et le périmètre du service public, ainsi que le positionnement et les responsabilités des acteurs publics ou/et privés.
  • concernant le fret, favoriser la mise sur les rails d'opérateurs ferroviaires de proximité permettant de massifier les flux à des coûts plus compétitifs.
  • après l'assainissement de la situation financière de la France obtenue par la mise en œuvre du programme économique du FN, la dette se rapportant à l'infrastructure ferroviaire, actuellement portée par RFF (28,6 milliards d'euros, ndlr), sera reprise par l'Etat . Sans cette mesure, il est impossible d'obtenir l'assainissement financier du système ferroviaire".
Synthèse du programme transport envoyé par l'équipe de campagne de Marine le Pen à la rédaction de Mobilicités
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